BENGUESMIA-CHADLI DJILLALI

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Une rencontre émouvante avait  eu lieu en cette fin d’année 2011 au siège de l’Association des Résistants et Ayants –droit localisée au quartier de Sidi Bachir (ex Plateau St Michel), pour saluer la mémoire du défunt Benguesmia – Chadly Djillali, décédé il  y a un an des suites d’une longue maladie. Des proches, d’anciens et compagnons de lutte  et  certains militants avaient pris la parole pour faire l’éloge de cet homme très humble, qui a défrayé la chronique et donné du fil à retordre à ses tortionnaires du tristement célèbre 2eme Bureau, durant la guerre de libération nationale. Le parcours militant de « Si Abdelhamid » est fabuleux et reste un modèle pour tous ces anciens fidayîn, femmes et hommes, qui ont fait le sacrifice de leur jeunesse et parfois de leur vie, pour  renforcer les rangs de l’Organisation Urbaine du FLN d’Oran et mener une lutte implacable contre les forces ennemies.

D’ailleurs, le souvenir, douloureux de ce triste évènement  est encore vivace dans la mémoire collective. Oui, en ce jour plein de tristesse et d’émotion, une foule impressionnante avait accompagné à sa dernière demeure,  un vendredi en fin d’après-midi, la dépouille mortelle du Moudjahid Benguesmia-Chadly Djillali, au cimetière d’Aïn-Beida, après avoir assisté à l’arrivée du cercueil à l’aéroport international Ahmed Benbella d’’Oran Es-Senia, en provenance de Paris, lieu du décès, deux jours auparavant. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Information et des autorités civiles et militaires. Au cimetière, la dépouille, recouverte de l’emblème national, a été déposée devant la stèle du carré des martyrs, face à l’assistance nombreuse, composée de compagnons de lutte, d’amis, des proches, des personnalités politiques représentants de différents partis ainsi que du mouvement associatif. L’Imam devait diriger la prière de l’absent avant la mise en terre de la dépouille mortelle.

Pour l’histoire, Feu Benguesmia –Chadly Djillali, plus connu dans le milieu des résistants de la guerre de libération nationale, sous le nom de guerre, «Si Abdelhamid » était âgé de 75 ans, à sa mort à Paris où il était pris en charge par sa fille, médecin, cinq années auparavant dans la capitale française. Son parcours militant dans la guerre d’indépendance est riche en évènements puisqu’il fut condamné à la peine capitale par le Tribunal militaire des Forces armées en octobre 1961. L’enfant de la rue Belhadri Smaïn du faubourg Lamur  (El-Hamri) a réussi une évasion spectaculaire de la Prison Civile d’Oran, le 1er novembre 1961, en s’introduisant dans le bac à ordures que venait régulièrement transporter, le camion de collecte des ordures ménagères de la municipalité. Humiliés, ses tortionnaires vont le pourchasser inlassablement, en laissant par la suite, l’initiative à la tristement célèbre OAS, qui le condamna à mort. A noter que cette  sentence a été prononcée le 18 novembre 1961 par les chefs de la  Zone 3 du « Réseau  Delta » de cette organisation criminelle, qui a semé, il faut le rappeler, la désolation et la terreur  à Oran. Son itinéraire, est aussi relaté dans un livre sur l’histoire du Mouvement National et de la guerre de libération signé de M.Fréha, lui aussi un ancien Moudjahid qui écrit que : « Si Abdelhamid » avait déjà été arrêté par les forces coloniales en juillet 1957 pour atteinte à la sureté de l’Etat, assassinats et complicité d’assassinat.  Au fait, ce militant, d’une modestie et d’une discrétion exemplaires était le chef du Réseau de l’Organisation urbaine du FLN de la zone d’Oran, réseau qui se composait de plusieurs groupes de « Fidaïyine ». L’organigramme d’Oran comprenait un autre réseau aussi important que dirigeait feu Si Abdelbaki ( Bouyedjra Bachir). Les deux réseaux activaient sous la coupe du « Centre Moussadek », rappelle-t-on Après l’indépendance, Djillali sera désigné à la tête du Commissariat du Parti du FLN ?  responsabilité qu’il quittera peu après. Il se retirera définitivement du milieu politique en  restant toujours égal à lui-même : un homme discret, plein d’humilité et peu bavard quant à son parcours de résistant durant la Révolution du 1er Novembre 1954 contre La puissance coloniale..

 

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