Les commerçants juifs à Oran -1569

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Le dimanche 18 septembre 1569, arriva à Oran, un groupe de juifs avec des bêtes de trait chargés d’étoffes variées que les corsaires de la « Taïfa » basés dans la Régence d’Alger avaient pris aux navires bretons et hollandais, capturés auparavant au large du Cap Matifou. Sitôt arrivés, les juifs informèrent les autorités ottomanes que tous les préparatifs de guerre faits à Alger et à Constantinople en 1568 avaient été décidés dans l’intention de venir à Oran et Mers El-Kebir, en profitant d’une situation qui préoccupait le Roi d’Espagne. Il s’agit du soulèvement des Maures de Grenade qui avait provoqué la mobilisation de l’armada devant la capitale de capitale de l’Andalousie musulmane, pendant que les troupes occupaient les deux Places d’Oran et Mers El-Kebir.

Mais, dans le royaume d’Espagne, les autorités savaient que le gouverneur d’Oran, Maître de Montésa, non seulement commandait lui même sa cavalerie, mais aussi natif de Valence, ville toute proche d’Alger et d’Oran. Ainsi, si le commandant de la garnison espagnole se sentait en danger, les navires pouvaient venir à son secours en peu temps. D’ailleurs, par le passé,, les troupes de Valence avaient déjà secouru les troupes espagnoles de Bougie au cours du siège des deux frères corsaires Kheireddine et Baba Aroudj en 1514. Selon les historiens, ce secours imprévu les empêcha de s’emparer de Bougie et la proximité des troupes ottomanes avait entraîné toute la population de Valence à une bonne préparation à l’exercice des armes. Cependant si Montésa avait été assiégé, toutes troupes de Valence seraient venus protéger la

garnison espagnole. D’ailleurs, les nouvelles rapportées par les négociants juifs furent confirmées par quelques renégats chrétiens qui arrivèrent à Oran, après s’être enfui d’Alger. Ils certifièrent aussi que c’est pour ces raisons que les Turcs n’avaient pas osé attaquer Oran et Mers El-Kebir, comme devait le préparer El-Euldj Ali, le Dey de la Régence d’Alger, afin de secourir et favoriser en même temps les Maures d’Espagne. Les fugitifs chrétiens affirmèrent en outre qu’il y avait eu d’importantes discussions entre les capitaines de vaisseaux et les janissaires turcs d’Alger, discussions, à la suite desquelles il avait été décidé de ne rien faire. Le Dey d’Alger en rendit compte à la « Sublime Porte » de Constantinople, où les forces ottomanes avaient entamé les préparatifs pour faire le siège et occuper l’île de Chypre. Tout fut préparé et mis en ordre, cette année, pour être mis en exécution l’année suivante, en 1570.

De son côté, le Dey d’Alger décide d’occuper le royaume de Tunis au courant de l’année 1569. En 1571, Don Juan d’Autriche détruisit la ville au cours de la célèbre bataille de Lépante. Avec toutes ces informations et renseignements, le gouverneur espagnol eut la conviction que forces turques ne feraient rien contre Oran. De plus, on se rendait compte que toutes populations du Royaume de Tlemcen et surtout les tribus Béni Arradj étaient hostiles aux turcs qui avaient édifié une autre forteresse appelée « Mascara ». Cependant, les tribus locales avaient obligé les soldats du Bey à l’évacuer, avec l’aide du gouverneur espagnol d’Oran.

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